Histoire

L'Armée du Salut est créée au moment de la révolution industrielle dans les bidonvilles de l'Est londonien. Le fondateur du mouvement est l'anglais William Booth (* 1829-1912). Il a grandi à Londres, dans le bidonville de Nottingham. Durant sa jeunesse, il fait connaissance avec un mouvement méthodiste, où il prend la décision de suivre Jésus Christ. Il devient prédicateur laïque (méthodiste).

Avec son épouse Catherine, il reconnaît que les personnes dans la misère sociale ne se rendent pas dans les églises. Il décida donc d'amener l'Eglise dans la rue. Son principe : soulager aussi bien l'âme que la détresse matérielle des Hommes.

Le mouvement, connu sous le nom de « Mission chrétienne de l'Est londonien » depuis 1865 s'organise et devient l'Armée du Salut en 1878. Elle se répand rapidement dans tout le Royaume-Uni et à l'étranger.

 

Les responsables de l’Armée du Salut à Paris reçoivent une lettre du pasteur Dardier, qui demande à recevoir 500 exemplaires du journal « En Avant ! ». Le colonel Arthur Clibborn effectue le voyage jusqu’à Genève pour les apporter. C’est ainsi que début décembre 1882, ce jeune salutiste donne deux conférences sur l’Armée du Salut et sa devise dans la ville de Calvin.

A la suite du travail de reconnaissance et d’information fait par le colonel Clibborn, on prépara l’offensive. Voici ce que les affiches annonçaient :

« L’Armée du Salut livrera ses premières batailles au Casino de Saint-Pierre, vendredi 22 et samedi 23 décembre, à 8h du soir. La Maréchal conduira l’attaque. Entrée libre. Venez à 7h30 pour avoir une place !

Au jour et à l’heure dits, la foule se presse. Personne ne veut manquer cette « attaque ». Elle verra bientôt apparaitre devant elle cinq officiers vêtues de l’uniforme bleu foncé, muni de deux « S ». La petite troupe mène vaillamment son combat. En dépit de l’agitation et du chahut, et contre toute vraisemblance, une percée s’opère. Quand l’invitation est donnée de se décider pour Dieu, dix à douze personnes s’avancent. La rencontre du lendemain est en tout point semblable.

Peu à peu se dessine une opposition relevée par des observateurs aussi objectifs que les auteurs d’une publication spéciale de la Ligue du Droit Commun.

Les choses prennent un tour très sérieux, au point qu’en peu de temps, la persécution, les coups, les pierres, les emprisonnements et les expulsions devinrent le lot des salutistes.

A mesure que se propage le flot de la vie nouvelle en Jésus, s’élève aussi la sombre marée d’une opposition de plus en plus résolue et audacieuse.

Sous la pression de cette farouche opposition, le Conseil d’Etat de Genève, le 2 février 1883, suspend temporairement « les exercices de l’Armée du Salut ». Plus question de tenir des réunions publiques ; reste la ressource – du moins le croit-on – des rencontres privées, convoquées au domicile des convertis et d’amis chrétiens qui ne craignent pas d’ouvrir leur porte aux salutistes.

Huit jours après l’interdiction des réunions à Genève, un arrêt d’expulsion du canton est signifié à la Maréchal et à son aide de camp, Miss Maud Charlesworth. Le 12 février, elles quittent le territoire genevois. Les activités salutistes se poursuivent dans la clandestinité.

Là, réussit à revenir, après sa troisième expulsion, Richard Thonger, premier officier du poste de Genève.

Pendant ce temps, une action parallèle se développe à Neuchâtel. L’arrivée des salutistes est due à une farce d’étudiants qui demandent au colonel Clibborn l’envoi d’officiers. Le colonel y dépêche deux officiers. A peine débarqués, le capitaine Becquet et son compagnon se rendent compte de la supercherie, mais puisqu’ils sont là, louemtnt sans tarder une grande salle où sont tenues les premières réunions publiques de l’Armée du Salut. Presque aussitôt, on voit se produire les mêmes scènes qu’à Genève : d’une part, les cas de conversion ; de l’autre, une opposition qui se manifeste avec force et violence, allant jusqu’à lancer des pavés contre les fenêtres de l’hôtel.

Les autorités municipales ne sont pas longues à réagir : le 28 janvier, les réunions sont interdites.

Les réunions, désormais impossibles à tenir dans des lieux publics, se déroulent grâce à l’hospitalité de solides amis.

Dès le printemps, l’opposition prend une forme nettement structurée : le 4 mai, à Neuchâtel, un comité de réaction contre l’Armée du Salut organise une manifestation publique de protestation. Le 22 mai, tombe l’arrêté du gouvernement cantonal, interdisant à l’Armée du Salut « toute réunion quelconque et en quelque lieu que ce soit ». Voilà donc les salutistes réduits, comme à Genève, à l’action clandestine.

La Maréchale est arrêtée, puis relâchée. Elle organise une nouvelle réunion le lendemain (dimanche). Le lundi, un agent se présente où loge la Maréchale ; il doit l’emmener en prison. Le même jour, le capitaine Becquet, est incarcéré, également à la prison de Neuchâtel.

Le jugement a lieu à Boudry, fin septembre. Fidèle à sa ligne de conduite, elle assume elle-même sa défense. Sa plaidoirie est percutante. Finalement la cour rend un verdict d’acquittement. Malgré cela, le pouvoir exécutif poursuit obstinément dans la ligne abusive des mesures d’exception. Huit jours après le procès, le Conseil d’Etat neuchâtelois décrète l’expulsion immédiate du territoire cantonal de Mlle Booth et M. Becquet. Ils pensaient que désormais, il n’y aurait plus d’Armée du Salut dans le canton. Mais quelques semaines plus tard, l’œuvre met sens dessus dessous toute la région de la Béroche, avant de gagner un peu plus tard le Val-de-Ruz, la vallée de La Sagne et d’autres parties du « Haut ».

Au pays de Vaud, la contagion salutiste est déjà très active, particulièrement à Rolle, où s’est déroulé, le 3 mai 1883, le premier rassemblement salutiste du jour de l’Ascension.

Au début, on aurait pu croire qu’ici les choses se passeraient mieux. D’emblée les autorités de Rolle accordent leur protection aux réunions salutistes. Mais de bruyants incidents amènent le Conseil d’Etat à promulguer, le 4 juillet, un arrêté interdisant les réunions de l’Armée sur l’ensemble du territoire vaudois. Les voilà donc poussés dans l’action clandestine.

De Neuchâtel, cette troupe essaime vers les rives du lac de Bienne. Le canton de Berne a pris les devants et a interdit toute réunion publique de l’Armée du Salut avant même que l’on ait commencé d’en tenir sur son territoire. De toute manière, il se trouvera pris de court puisque avant fin 1883, des réunions donnaient, à La Neuveville, le coup d’envoi à l’ouverture d’un nouveau poste.

A peine cette poussée vers l’Est s’amorçait-elle que déjà le réveil spirituel se répandait aussi à l’Ouest du pays neuchâtelois. Parmi les convertis gagnés lors des premières réunions de Neuchâtel, se trouvait Constant Jeanmonod et quelques autres jeunes gens de la Béroche. Ils proposèrent à la capitaine Suzanne Wyssa, en charge du poste de Neuchâtel, de venir tenir une réunion à St-Aubin. La foule afflua pour cette première assemblée publique, le 30 janvier 1884, pendant laquelle 24 âmes se livrèrent à Dieu, tandis que dehors, la foule devenait houleuse.

De nouveau, la réaction fut à la mesure de cette « révolution », et culmina avec l’agression survenue à Montalchez une nuit de mars 1884 : quelques villageois firent tomber une pluie de coups et d’immondices sur une petite troupe salutiste, blessant gravement la lieutenante Schmutz, du poste de Neuchâtel, ainsi qu’un vieillard converti. A la nouvelle de ce débordement de violence, un certain revirement se fit dans l’opinion publique du moment.

 

L’œuvre commence aussi à Nyon et s’implante dans la vallée de la Broye. En 1885, on signale des réunions au Val-de-Ruz puis à Sonvilier et à Orbe.

L’Ascension 1885 occasionne un rassemblement de 800 salutistes. Un an plus tard (Ascension 1886), on dénombre près de 2000 participants.

Chronologie des ouvertures de postes en Suisse romande

1882 Genève 1

1883 Neuchâtel

1884 St-Aubin

1885 La Neuveville

         Genève 2

1886 Orbe

         Malleray

1887 Ste-Croix

         Tramelan

         Valorbe

         Yverdon

1888 Aigle

         Vevey

         Le Locle

         Moudon

1890 La Chaux-de-Fonds

         St-Imier

1891 Les Ponts-de-Martel

1892 Morges

1899 Lausanne

1900 Nyon

1906 Moutier

1910 Fleurier

1912 Renens

1913 Payerne

1917 Château d’Oex

1948 Bienne (poste francophone)

2007 Sierre

A VENIR...

Juillet

Camp d'enfants, Les Rasses

9 au 20 juillet

 

Camp des teens, Neuchâtel

9 au 20 juillet

 

Camp famille de foi, Melchtal

8 au 14 juillet

 

Août

Kids Games, Suisse Romande

12 au 17 août

 

Empower night, Yverdon-les-Bains

19 août

 

Rassemblement, Cortaillod

26 août